La Palestine de Youssef

Podcast : Youssef Najjar

Avant de rentrer dans le vif du sujet, j’aimerais revenir sur certains points abordés lors de ce podcast :

À travers notre discussion, nous avons abordé plusieurs sujets variés. L’un des premiers thèmes récurrents était l’éducation de Youssef. Comme il l’a expliqué, Youssef est né en Arabie Saoudite, comme des centaines de milliers d’autres réfugiés palestiniens. Ce pays n’est pas le seul à avoir accueilli des réfugiés palestiniens : l’Irak, les États-Unis ou encore le Chili ont également ouvert leurs portes. Par ailleurs, des personnalités d’origine palestinienne ont marqué le monde, comme Nayib Bukele, devenu président du Salvador, ou encore DJ Khaled, moins apprécié par les palestiniens en raison de sa passivité  et son manque de prise de position face aux événements du 7 octobre.

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Les Palestiniens ont connu deux grandes vagues d’exode, dont la première, appelée la Nakba, a entraîné l’expulsion de 800 000 Palestiniens entre 1947 et 1949. La deuxième vague a eu lieu en 1967, pendant la guerre des Six Jours, forçant 300 000 autres Palestiniens à quitter leur terre. Les réfugiés palestiniens de 1948 et 1967 n’ont pas le droit de retourner dans leur pays d’origine.


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Dans les pays arabes comme le Liban ou l’Arabie Saoudite, les réfugiés palestiniens se voient attribuer un document de voyage, dont le format est souvent similaire mais dont les modalités de renouvellement varient selon le pays. Par exemple, en Égypte, ce document est valide pour cinq ans, tandis qu’au Liban, sa durée de validité varie entre un et cinq ans. Les Palestiniens vivant à Gaza ou en Cisjordanie, quant à eux, possèdent un passeport palestinien.

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Au bout de sept minutes, Youssef évoque la normalisation des relations entre certains États arabes et Israël. Cela s’est illustré, par exemple, par la visite de Benjamin Netanyahou, Premier ministre israélien, à Oman, où il a rencontré le sultan Qabous ben Saïd. De plus, un processus de rapprochement entre l’Arabie Saoudite et Israël s’est manifesté par une déclaration de Mohammed ben Salmane en septembre 2023, avant les événements du 7 octobre.


Le conflit israélo-palestinien ne date pas seulement du 7 octobre. Il remonte bien plus loin, à 1948, avec la création de l’État d’Israël. Ce conflit est avant tout une question territoriale, mais au fil du temps, d’autres problématiques sont venues s’y ajouter :

  • Les migrations forcées de réfugiés, en 1947-1949 lors de la Nakba, puis en 1967 lors de la guerre des Six Jours.
  • Les crises humanitaires et économiques que subissent les Palestiniens.
  • La fermeture des frontières et les interventions israéliennes dans la bande de Gaza, particulièrement après l’incident du 7 octobre.
  • Les guerres incessantes et les famines.

Des initiatives de paix ont vu le jour, comme les accords d’Oslo en septembre 1993, qui visaient une reconnaissance mutuelle entre les deux parties. Cependant, ces efforts ont été interrompus après l’assassinat de Yitzhak Rabin, laissant ce processus inachevé. En 2024, le conflit semble atteindre un point de non-retour, étouffant tout espoir de réconciliation entre ces deux entités.

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Youssef propose une solution : la création d’un État palestinien unique, mettant fin à l’État d’Israël. Selon lui, les Israéliens qui choisiraient de rester en Palestine perdraient leur droit de vote et n'auraient plus de carte d'identité et ne pourraient pas créer de partis politiques. Cette solution est toutefois irréaliste, car Israël ne l’accepterait jamais. 


L’assassinat de Yitzhak Rabin en est un exemple marquant : il a été tué par un extrémiste israélien pour empêcher la création de deux États et la reconnaissance mutuelle. Rien ne garantit qu’un autre militant extrémiste ne chercherait pas à saboter une telle initiative. Cependant, examinons tout de même les possibilités envisageables dans le cadre de la solution proposée par Youssef.


Politiquement

Les Israéliens ont considérablement investi dans leur pays, et, tout comme les Palestiniens, ils sont profondément attachés à leur terre. Accepter la création d’un État palestinien serait perçu comme contraire à leurs intérêts politiques et stratégiques. Il est difficile d’imaginer Israël céder la moindre parcelle de terre aux Palestiniens sans des accords diplomatiques solides ou, à défaut, sans conflit.

Israël est solidement implanté, et l’idée qu’un gouvernement israélien démissionne pour laisser place à un gouvernement palestinien semble politiquement inconcevable. Ce serait perçu comme un véritable suicide politique. Bien sûr, des référendums pourraient être envisagés pour mesurer le pourcentage de la population israélienne favorable à un tel changement, mais leur acceptation resterait extrêmement improbable.


Géopolitiquement :

Moyen-Orient

Un Moyen-Orient sans Israël ne garantirait pas nécessairement une région plus stable. Certains conflits majeurs, comme ceux au Yémen ou en Syrie entre les Kurdes et les Turcs, ne prendraient pas fin du jour au lendemain. Cependant, des changements significatifs pourraient survenir.

Certains enjeux régionaux, comme la volonté de l’Iran d’étendre son influence dans le croissant chiite, resteraient inchangés. De son côté, l’Arabie Saoudite pourrait devenir le nouvel acteur dominant et, potentiellement, l’ennemi numéro un de la région en raison de ses différences religieuses et politiques, ainsi que de sa propre ambition d’expansion.

La Syrie, pour sa part, pourrait récupérer le plateau du Golan, perdant ainsi un ennemi historique sur son territoire.

La Jordanie et le Liban verraient probablement une grande partie des réfugiés palestiniens retourner en Palestine, allégeant ainsi une pression démographique et économique importante.

Le Liban, en particulier, pourrait rouvrir sa frontière sud, ce qui lui offrirait une opportunité d’établir de nouvelles relations économiques avec un voisin autrefois perçu comme une menace.


Etats-Unis

Les États-Unis s’opposeraient fermement à une telle résolution et utiliseraient probablement leur droit de veto pour protéger leurs intérêts stratégiques. Israël est non seulement un allié majeur des États-Unis au Moyen-Orient, mais aussi un pays clé en raison de sa position géographique stratégique.

Une telle décision pourrait avoir des répercussions directes sur les États-Unis, notamment en raison des milliards de dollars d’aides financières et militaires que Washington fournit à Israël chaque année. Ces investissements, perçus comme un gaspillage en cas de dissolution d’Israël, pourraient provoquer des tensions internes au sein des États-Unis, où des manifestations sociales et politiques sont déjà fréquentes.

Certains pourraient également remettre en question l’utilisation de ces fonds, arguant qu’ils auraient pu être redirigés vers des besoins domestiques pour améliorer la vie des citoyens américains.


Palestinien

Les Palestiniens considèreraient la restitution de leur territoire ancestral comme une victoire majeure, mettant fin à ce qu’ils perçoivent comme une oppression depuis la création de l’État d’Israël en 1948.

Un tel remplacement mettrait fin aux politiques israéliennes qu’ils jugent injustes, notamment l’occupation militaire, les colonies en Cisjordanie et le blocus de Gaza. Cela permettrait également à des millions de Palestiniens vivant à l’étranger ou dans des camps de réfugiés de retourner sur leur terre natale, après des décennies d’interdiction du droit de retour.

Dans cette vision, un État palestinien unifié contrôlerait pleinement ses frontières, son économie et ses ressources naturelles, offrant ainsi une souveraineté complète et un espoir de justice pour les générations futures.


Israélien


Pour les Israéliens, Israël représente un refuge essentiel pour le peuple juif, établi après des siècles de persécutions, dont la Shoah. Beaucoup craignent que la disparition d’Israël et son remplacement par un État palestinien compromettent leur sécurité et leur avenir.

Jérusalem, au cœur du judaïsme, a une importance religieuse et culturelle centrale. Abandonner ces terres, considérées comme sacrées, est impensable pour la majorité des Israéliens.

Par ailleurs, qu’ils soient modérés ou nationalistes, la majorité des Israéliens s’opposeraient à toute proposition menant à la dissolution de leur État. Même ceux favorables à une solution à deux États rejetteraient catégoriquement l’idée de voir Israël disparaître.


Dans les deux cas, la solution proposée par Youssef soulève des défis majeurs, notamment la coexistence avec la population juive restée sur place. Les blessures historiques entre Juifs et Palestiniens rendraient une réconciliation difficile, et des tensions pourraient émerger, risquant de dégénérer en violences ou même en massacres. Ces défis soulèvent une question essentielle : quelles solutions innovantes et inclusives pourraient être envisagées pour construire une paix durable entre ces deux peuples, tout en prenant en compte leurs aspirations, leurs traumatismes historiques et leur sécurité ?




Dans le cas de notre blog nous voulons que ce blog se donne pour mission d’explorer les tensions complexes du Moyen-Orient tout en cherchant des solutions réalistes et adaptées à chaque pays. Nous aspirons à offrir une analyse réfléchie et équilibrée, dans une démarche neutre, afin de favoriser une meilleure compréhension des enjeux régionaux.

L’objectif n’est pas seulement de décrypter les conflits, mais aussi d’imaginer des perspectives qui respectent les aspirations et les besoins de chaque peuple. Car au-delà des divisions, la quête de paix et de stabilité reste un défi commun à tous.

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